Archives Mensuelles: septembre 2010

Zola Jesus – Ascension vers les profondeurs

Qu’il est difficile d’annoncer qu’on va entamer la critique d’un album « gothique » sans passer pour une émo de bas étage faisant l’éloge de Jena Lee. Car j’ai ouï dire que le goth était de retour, notamment à travers la fantomatiquement charismatique Zola Jesus (Nika Roza Danilova de son vrai nom). Etudiante en philo en accessoirement cantatrice, entre autres déjà désignée comme descendante de Siouxie Sioux, elle nous emmène avec Stridulum II plus profondément dans son univers sombre et froid, découvert en 2009 avec son album New Amsterdam. Zola est belle, Zola est sombre, Zola est vampirique, mais Zola nous veut du bien. Enfin sa musique en tout cas.

Si la pochette de l’album fout les jetons, et si le style annoncé peut déjà dessiner quelques rictus de dégoût sur vos visages angéliques, c’est en fait une assez bonne surprise que ce Stridulum deuxième du nom (le premier désignait l’EP sorti quelques mois plus tôt). Je m’y étais plongée totalement à l’aveuglette, en espérant tomber sur de la bonne cam, et je n’ai pas été trop déçue. En effet, Zola Jesus a produit là un album assez sombre tout en étant aérien (le synthé et l’effet « écho » y participent pour beaucoup), sans être pesant ni déprimant. La voix impressionnante de cette toute jeune femme de 21 ans fournit en fait toute la puissance de l’album, et confère une véritable âme à la musique. L’album s’ouvre sur Night, qui sonne comme un tube, rythme entraînant, refrain entêtant, une entrée parfaite. Sa voix plâne et tourne dans les airs, tout en gravant sa marque au fer chaud. Tantôt dans les graves (Stridulum) où sa voix résonne remarquablement bien, tantôt dans les aigus (dans Manifest Destiny où elle alterne les deux), elle est en tout point captivante à l’oreille.

Mais voilà. La voix ne fait pas tout. L’album, bien que d’une puissance folle (et d’ailleurs assez « masculin » par cet aspect), pourrait décoller bien plus haut si Zola ne s’en était pas tenue au schéma grosse caisse + synthé bloqué sur strings. C’en est presque lassant à partir d’un certain moment, alors que l’album ne contient que 9 chansons et mille fois plus de potentiel. [Puis entre nous, le look gothico-dark-cheveux noirs etc… c’est pas toujours bon pour le business, il faut le dire. Espérons que ça ne tombe pas dans le ridicule d’autres artistes qui ont choisi cette voie.]
Cependant, on pourrait aussi considérer que c’est ce côté cheap vintage qui donne son charme à l’album. On reconnaîtra facilement des thèmes très new-wave voire cold-wave, et des mélodies rappelant les monstres sacrés du genre. Alors que celui qui a déclaré que la musique gothique était fermée et « trop dark » pour être intéressante soit lapidé sur-le-champ. La caverne de Zola Jesus et ses résonnances glacées nous ont prouvé le contraire.
Au final, on se dit que ZJ a bien fait de s’échapper de son Wisconsin natal pour venir hanter nos nuits. Et contrairement à ces longues nuits d’hiver qui nous attendent (offrez-moi un pull, par pitié), on ne s’en réveille pas engourdi mais revigoré, ravivé, comme si Zola nous avait envoyé une claque avant de nous pousser dehors dans la neige. Réveil efficace en tout cas. Mais nous, masochistes de première ligne, on en demande plus. On attendra alors le prochain album avec impatience afin que Mademoiselle Jesus (c’est drôle dit comme ça) nous montre qu’elle peut facilement faire autre chose que presser 4 notes en répétition sur son Yamaha. Et j’ai pleine confiance en elle sur ce point.

Artiste : Zola Jesus 
Album : Stridulum II 
Label : Sacred Bones 
Genre : Experimental, Noise, Lo-Fi, Gothic Rock 
Sortie : 6 septembre 2010

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Darwin Deez – Miracle capillaire ?

   Comment résister à l’appel de la bouclette sur le haut du crâne du jeune et brillant Darwin Deez ? Outre sa dégaine de hippie victimisé par un fer à friser, ce jeune américain de 26 ans et ses acolytes nous ont envoyé un peu de bonheur depuis l’espace.

   Et je citerai un article emprunté à brain-magazine.com pour décrire le personnage : 
« Darwin Deez aurait pu être psychologue. Darwin Deez aurait pu être Jésus. Darwin Deez aurait pu être numéro un au classement ATP. Mais non, Darwin Deez aime beaucoup trop écrire des chorégraphies post post post modernes sur sa musique, alors il a fait artiste. « 
   Et il a eu raison.

La bouclette au vent, collection printemps-été.
   Mille fois merci à Last.fm, je suis tombée sur sa touffe de cheveux par le plus grand des hasards. Première impression à la vue de la photo : « Ce look… WTF ? ». Et je me rends compte maintenant que j’ai vraiment gagné à me laisser porter par ma curiosité.
   Les dix petites chansons de l’album sont un vrai souffle d’air frais, un de ceux qu’on aime inspirer un jour de forte chaleur ou la veille d’un examen. Le genre frais et bigarré, jeune et bien formé. Le voyage commence, un pied dans la fusée et Mister Deez nous envole vers d’autres cieux. Mais attention, dans l’univers Darwin Deez, les étoiles scintillent en rythme et en couleur. Constellations nous propulse en deux temps trois mouvements hors de l’atmosphère (j’ai d’ailleurs trouvé une certaine ressemblance de voix avec Julian Casablancas dans cette chanson… à une grande différence près : tandis que Casablancas tente de nous rouler des pelles en chanson, Gentleman Deez nous prend la main et nous offre un tour de la Terre en fusée express, café-croissant et fauteuil ultra confort). Les chansons sont simples, entraînantes, les refrains se retiennent tout seuls, les orteils battent la mesure sans notre consentement et on se retrouve facilement à marcher/mâcher/bouger/ronfler au rythme de l’album. J’ai particulièrement aimé Up In The Clouds et The Bomb Song qui m’ont carrément vendu du rêve. Petite notice également sur Bed Space qui m’a étrangement rappelée certaines chansons du trio californien Best Coast.
Aucun doute, c’est bel et bien un voyage interstellaire offert par la maison ! Les titres en sont assez évocateurs : Constellations en ouverture, Up In The Clouds, ou encore Bed Space où les quelques accords accompagnent un « I’m just wasting time in space », sans compter les nombreux « stars », « asteroids » et « satellites » qui jalonnent les lyrics de l’album. Cependant, on ne peut pas parler de révolution intersidérale. Pourquoi ? Au commencement de la 6ème chanson, j’ai tout de même remarqué que les accords, les intros, les rythmes n’étaient finalement pas si variés, voire même parfois répétitifs, ce qui pourrait facilement déplaire à certains. De plus, sa musique n’est finalement pas exceptionnelle. Très agréable, mais relativement déjà vue pour la plupart des chansons. Alors Darwin Deez, rêveur enchanteur ou imposteur ? Ce qui reste sûr, c’est qu’avec trois accords et deux petits coups de grosse caisse, D.D. m’a refilé le sourire. Alors finalement, profitons-en, de toute façon le minimalisme musical est au coeur de la hype de cette décennie (The XX me l’ont dit, chut).

En conclusion (et je vais la jouer sur un thème girly), je dirais que Darwin Deez est le genre de petit bijou acheté 3 euros au marché de Choisy qui se glisse à merveille au milieu d’une farandole de diamants. Le genre discret, qui ne paie pas de mine, mais qui sait parfaitement trouver sa place sans ressembler à du toc. Le genre à conserver précieusement dans un coin de votre biliothèque et à sortir en toute occasion. Après tout, Le NME a consacré ce Jesus pseudo new-yorkais « totally fucking awesome », as they said. Word.

 

Album : Darwin Deez 
Auteur : Darwin Deez 
Label : Lucky Number
Genre : Indie Music 
Sortie : 12 avril 2010

Tournée générale !

Bienvenue dans la taverne Drums&Drinks, prenez place, faites comme chez vous.
Débute aujourd’hui un tout nouveau blog de mon cru. Ici, je ne raconterai pas des épisodes sans intérêt de ma triste vie, mais je me contenterai d’en retranscrire régulièrement un aspect tout particulier : la musique.
Alors, concrètement, en quoi consiste ce blog ?
Sans réel but précis si ce n’est celui de partager mon opinion et mes goûts, et également prodiguer quelques conseils, je posterai régulièrement (enfin si j’arrive à tenir la cadence), c’est-à-dire toutes les semaines ou une semaine sur deux, ma critique d’un album, d’un clip, ou plus rarement d’une seule chanson qui m’a marquée pour telle ou telle raison. Peu importe la date, le genre, l’artiste ou la langue, quitte à tomber sur de mauvaises surprises, je tenterai de commenter de mon mieux ce sur quoi je me risquerai. A une époque où l’écoute d’un album entier peut se faire en quelques clics et gratuitement, je ne vais pas me priver.
Pourquoi ?
La musique prend une part importante dans ma vie, elle est même vitale ; ce n’est donc que par simple amour de la mélodie que je m’attelle à la tâche difficile de commenter, critiquer et exprimer mon avis sur une création musicale. Je ne considère pas que mon avis surpasse tous les autres, mais j’espère qu’il pourra du moins titiller la curiosité du lecteur, quitte à le pousser à écouter un album pour ensuite me prouver que j’ai eu tort !
Voilà pour l’intro, et malgré son inutilité apparente, j’espère que ce blog servira au moins à éclairer quelques lecteurs dans le labyrinthe de l’écoute musicale et de ce que nous offrent les artistes d’hier, d’aujourd’hui et de demain.
A la bonne vôtre, chers clients, c’est la maison qui régale.
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