Violens – Anormalement amoral.

Quand la pop semble avoir pris un combo d’acide et autres substances hallucinogènes, ça donne naissance à quelques phénomènes inhabituellement géniaux dans ce triste XXIème siècle. Genre Murakami à Versaille ou ta mère sur chatroulette (parce que oui, c’est définitivement pop).

Et accessoirement, The Pop Lady a ainsi pondu en ce début de siècle 3 acolytes (voire 4, voire plus selon les collaborations) s’auto-proclammant de la « pop-tropicale-gothique », ayant décidé que le paysage trop bisounoursique musical New Yorkais devait être raffraîchi par quelques accords perdus sous un nom évocateur : Violens, ou quand vos nuits d’insomnies se transforment en trip héroïco-artistique à grands coups de cravache. Parce que Violens, ça fait mal (jeu de mot élaboré, bonsoir), et on aime ça.
Requiem pour un Amoral pas très normal.

Ce n’est certainement pas par hasard si les MGMT et les Violens sont de très bons copains. Tandis que Congratulations des premiers s’approprie une pop à la fois enfantine et nostalgique, tout en restant méchamment convaincante, les Violens ont mangé du Robert Smith ce matin. Amoral s’amuse des cadres actuels de la pop, qui semblent l’avoir limitée à amuser la lycéenne fraichement débarrassée de ses albums de Tokio Hotel, et virevolte entre pop joyeuse et ambiance glauque. Car le vrai charme des Violens, c’est la combinaison particulièrement réussie de compositions futuristes et d’arrangements très rétro new wave : voix et batteries en écho, synthés en veux-tu en voilà… couronnés par la voix transcendante de Jorge Elbrecht, qui jaillit des entrailles de la terre pour mieux accrocher les nôtres.

L’album s’ouvre sur The Dawn of Your Hapiness is Rising, ballade pop qui rappelle énormément MGMT et les arrangements de leur dernier album. Amusée et amusante, la mélodie gambade joyeusement, introduisant ainsi l’attitude enjouée de certains autres morceaux. Acid Reign, véritable tube (récemment utilisé en générique du Grand Journal) et selon moi meilleur morceau de l’ensemble, lance les gazs à pleine puissance et envole le niveau vers des hauteurs inespérées, avec un refrain tellement jubilatoire que l’explosion ne semble plus très loin. Malheureusement, certaines chansons pêchent facilement niveau mélodie ou sonnent un peu récup’ 70s, It Couldn’t Be Perceived pour n’en citer qu’une… ce qui ne gâche pas pour autant l’ensemble, qui se laisse écouter comme un réglisse (ou une pilule de LSD) fond dans la bouche. Trance-like Turn est un vrai trip cocaïné musical, flottant au milieu de nul part, un univers apaisé et détaché de tout, en contraste total avec Amoral, morceau le plus sombre et glauque de l’album, inquiétant et froid, effectivement très gothique dans ses raisonnances. Another Strike Restrained reprend une majorité de critères new waves pour balancer une épopée brève mais exaltante avant de laisser la main à Generational Loss, qui clos l’album et nous recrache sur terre. Et la chute est rude, je confirme.


Violent Sensation Descends from Violens on Vimeo.

En gros, oublie les pilules, tu peux trouver mieux et moins cher. Violens te l’offre en 42 minutes et 12 chansons.
Vivement la prochaine fournée, parce que c’est de la bonne, bébé.

[ ==> Au passage, les Violens seront en concert ce samedi 20 novembre à la Flèche d’Or, si vous n’avez rien de mieux à faire, allez y, c’est pas cher et ça vaut le coup ! ]

Artiste : Violens
Album : Amoral  
Label : Static Recital
Genre : pop / tropicale / gothique
Sortie : 11 octobre 2010

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