Daw Golden and Rosy Cross – Blow

     Bienvenue dans le monde hermétique de Dawn Golden & Rosy Cross. Une bulle hors du temps et de l’espace, une goutte d’eau bénite (ou maudite ?) perdue dans l’immensité de l’océan, l’écho distant d’un ange déchu, tel est le coup de vent frais si justement nommé Blow, dévoilé récemment à la lumière. Cette Révélation, avec un grand R, tient en 5 petits diamants bruts et un morceau bonus, inséminés discrètement sur la toile, aussi discrètement en tout cas qu’il a été possible au mystérieux talent caché sous ce nom aux sonorités franc-maçonnes, dont on ne sait que son âge (24 ans) et sa localisation (Chicago). Un peu comme une étoile dans le cosmos.

     Que dire de Blow, sinon qu’on tient là un apéritif de pur chef d’œuvre ? Rencontré au détour d’une playlist indie, ce sublime EP est du genre à faire saliver jusqu’à déshydratation, trop court pour être réel mais trop bon pour être oublié. Enfermé dans une mansarde ou plongé dans le Néant, l’ambiance y est tellement authentique qu’on ne peut que se l’approprier, l’intégrer en soi et le garder comme un secret.
     En forme de cycle solaire, le son s’élève brillamment avec On the Floor, première et courte phase de ce spectacle rayonnant, qui finit par fondre entre nos doigts comme de la glace au soleil. On commence déjà à sentir la force du tempo, impeccablement maîtrisé ; le jeu de son flottants, la voix distante et séraphique. Mais tout objet illuminé a aussi sa part d’ombre. Car DG&RC ne joue que sur ce contraste : la course folle entre l’ombre et la lumière. Dans les titres d’abord (White Sun / Black Sun), et dans les ambiances différentes, opposées sur l’ensemble de l’EP. White Sun vient ainsi écourter l’ambiance froide et un peu glauque de Blacks, et s’impose comme apogée de l’ensemble, dans une maîtrise parfaite de la tension musicale. La mélodie et le rythme semblent gravir doucement une montagne, au son d’un piano mélancolique et, une fois arrivé au sommet, explosent de force et d’émotion. Ce « White sun » longuement jeté à l’écho qui ne répond pas déploie une puissance incroyable, confirmant décidément le génie de cet EP. Hypnotique, kaléidoscopique, l’ensemble happe l’auditeur comme un trou noir, pour ne faire plus qu’un avec le cosmos. Que celui qui ne sera pas conquis par ce morceau si prometteur me jette le premier astéroïde.
     Blow et Lamont viennent clore le parcours solaire, plus apaisés, mais toujours marqués par un rythme de fond précis, une batterie implacablement posée sur les mélodies aériennes. L’EP se termine petit à petit. Black Sun, petite chanson bonus, épilogue le récit, crépuscule d’une vie en 17 minutes et quelques secondes.

Un mot pour la fin ?
Amen.

Artiste : Dawn Golden and Rosy Cross   
Album : Blow (EP)
Genre : Ambient
Sortie : 2010

A découvrir sur :
Bandcamp
Myspace
En interview sur :
Magic rpm

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