Archives Mensuelles: novembre 2011

La naissance du mouvement hip hop

A l’heure où le graffiti est en pleine explosion sur le marché de l’art (rappelons que Banksy est le 1er artiste issu du milieu à avoir dépassé le million sur les places de vente), toute la culture associée connaît un fort regain d’intérêt. Chez D & D, on ne vous initiera pas au graff. Désolée. Mais on en profite pour vous rappeler un peu les origines d’un mouvement qui en a été le berceau : le hip hop.

 

     On oublie les « wesh gros sisi tavu » et autres « nique la police ». On reprend tout au début. Et au commencement du début, on oublie également les Etats-Unis. Car le mouvement ne trouve pas sa vraie source aux US mais bien plus au sud. Les cocotiers, la mer, la plage… vous visez le paysage ? On y rajoute 2-3 mecs et un p’tit spliff et nous voilà en JAMAÏQUE. Car c’est bien dans le pays du mythique Bob Marley et de ses acolytes que tout a commencé.

     En 1962, l’indépendance de la Jamaïque est proclamée. Joies et festivités laissent rapidement place à l’instabilité politique, des émeutes éclatent dans tout le pays. Dans ce climat houleux, une véritable révolution musicale va se mettre en place. Du croisement du mento (*) et du ska va naître le REGGAE. Inutile de vous rappeler ce que c’est.

(Ca, c’est du ska, du vrai.)

C’est autour du développement des différents styles de reggae que va se former la base première de « l’esprit hip hop », incarnée par le « Soundsystem ».

Un Soundsystem, kékecé ?

Un camion, une sono, un paquet de bons vinyles, et l’aventure est lancée. A bord, 2 mecs se distribuent les rôles : le selecter, qui choisit les bons sons, et le toaster, qui fait l’animation. Retenez bien le concept parce qu’il aura un grand impact sur la suite [teasing à l’américaine]. Parmi les mecs qui ont fait remuer les nuques de Jamaïque, on compte entre autres Tom the great Sebastian ou encore Sir Coxsone.

Reprenons.

Le climat politique oblige beaucoup de jamaïcains à émigrer aux USA, où le fort taux de chômage (notamment dans la communauté noire) révèle de fortes personnalités comme Martin Luther King ou Malcom X. Parmi ces nouveaux immigrés jamaïcains se cache le Messie. Pas de robe ni de bénédicités, hein. Ce mec génial, le vrai père de la culture hiphop, c’est

CLIVE CAMPBELL.

… Ca vous dit rien. Je sais. Normal.

Débarqué aux USA au milieu des années 60, il amène son swagg, son génie et son goût du funk, qui connaît une jolie envolée aux Etats-Unis. Mais plus important : il a dans ses bagages toute la culture des soundsystem dans lesquels il officiait en tant que toaster. Puis vint l’idée géniale. Du fond de son coin de Bronx, où il prend le surnom musclé de DJ Hercule alias DJ Kool Herc (rien que ça), il embarque quelques potes, un paquet de vinyles, descend dans le parking du coin, et lance du son. Tout le voisinage rapplique et nous voilà dans un tourbillon de corps en pleine transe (j’aurais rêvé vous voir danser comme ça messieurs). Bienvenue aux « Block Parties ».

(Là, les deux du fond s’offusquent « Haaaaan mé y zon volé le nom au group anglé ! » Oui oui, bravo.)

Pendant ce temps-là, on assiste de plus en plus à un métissage culturel ; les influences se diversifient, que ce soit par la culture sud-américaine (essentiellement porto-ricaine à l’époque), ou par le brassage Est-Ouest. De ces mélanges naissent différentes techniques bien particulières, comme le scratch, développé sur la East Coast. On créé également le « breakbeat » : entre deux vinyles, quelques danseurs improvisent sur un rythme saccadé : Kool Herc a alors l’idée de ne balancer que la partie rythmique de différents morceaux, en boucle, pour créer un même mouvement des danseurs. COUCOU VOILA LA BREAKDANCE.

Il vous l’explique mieux que moi là : (mais faut être bilingue)

Mais Kool Herc ne reste pas seul sur le marché longtemps. Un autre type génial entend parler des block parties, embarque les breakdancers avec lui et va organiser ses propres soirées. Son petit nom ?

AFRIKA BAMBAATAA.

Le mec qui a eu mille vies et qui n’en a toujours pas fini. Le deuxième pilier du hip hop.

La concurrence est maintenant là, les crews commencent à se former. L’enthousiasme de Bambaataa face à l’effervescence du milieu l’amène à développer la bien célèbre ZULU NATION, 1er mouvement « de prise de conscience » hip hop (un truc pacifiste, quoi) à s’exporter dans le monde.

Attention, avalanche de hipsters:

C’est donc du développement du Soundsystem (le fait d’accompagner le morceau qui passe, non pas en chantant mais en parlant), du mélange des influences américaines ainsi que du contexte social difficile pour les classes sociales les plus défavorisées qu’est né tout un mouvement dont l’influence s’est étendu de manière spectaculaire sur les autres arts, que soit la danse ou encore l’art pictural avec le développement du graffiti.
Le hip hop, (qui signifie littéralement – ou presque – « bouger avec intelligence ») ne se limite plus à quelques vinyles scratchés dans un coin de parking, mais s’étend progressivement à un véritable univers, avec ses lois, ses codes, ses dérives aussi.

Les deux grands noms que je vous ai cité précédemment ont lancé un vrai genre, un style nouveau et fédérateur, comme l’a parfaitement exploité Bambaataa avec sa Zulu Nation. On a beau dire, sans eux, on aurait jamais eu des trucs comme ça (non je n’ai pas été sponsorisée par Nike pour vous passer cela):

Et là, sous vos yeux ébahis, je viens de vous faire assister intégralement au long et douloureux accouchement du HIP HOP.

La prochaine fois, je vous fait un récapitulatif de l’âge d’or du Hip hop, c’est-à-dire les années 80 et 90, avec tableaux, schémas, playlists à l’appui. Parce que le monde a besoin de savoir.

Allez, KISS.

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* Si le mento, ça vous parle pas trop, mais que vous êtes curieux quand même (enfin je l’espère pour vous), un vieuuuux vieux groupe jamaïcain a depuis peu décidé de faire revivre le genre en créant des cover de chansons assez connues, en les reprenant dans le style du mento. Très sympa et agréable, l’album des Jolly Boys est dispo un peu partout (notamment sur Spotify). Je vous recommande en particulier le cover de Blue Monday des New Order, le Rehab d’Amy Winehouse et évidemment The Passenger d’Iggy Pop (dont le lien est caché en haut).
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Justice – Audio Video Disco ( Critique)

Le nouvel album de Justice, les mecs qu’on présente plus tellement ils sont connus jusque dans le Nord Pas-De-Calais, est arrivé. Et la question est : est ce que ça vaut le coup de l’acheter, ou même de le télécharger sur Piratebay sur iTunes ? On va essayer de vous aider. On est comme ça chez drumsanddrinks, on aime bien vous aider.

Audio, Video, Disco, pourquoi c’est bien, en deux mots

  • Tout d’abord, c’est Justice. Et bien que ces mecs-là soient assez mainstream, ils ont quand même sacrément de talent.
  • Parce que on sent bien la volonté de faire un album différent. Pas seulement par le son, mais aussi par le style. La où ✞ faisait entendre des influences très funk, électro et dance/house, le concept entier d’AVD repose sur deux influences majeures : le (hard) rock des 80’s, et la musique baroque.
  • Parce que certains morceaux sont épiques, au sens littéral du terme. Audio Vidéo Disco ( le titre) dégage ainsi une énergie incroyable.
  • Parce qu’on sent la volonté de dépasser le cadre de l’electro. Que ce soit la batterie, les leads ou les basses, il est rare que les sons aient déjà été entendus ailleurs. Cet espèce de retour à l’acoustique est assez original, et apporte un courant frais tout au long du morceau. On est souvent surpris par un son de Wurlitzer, de Mellotron, ou de batterie bien rock au milieu d’un morceau.
  • Parce que  l’arrangement a été peaufiné, et ça s’entend. On sort le plus souvent du schéma intro en fugue + thème + interlude calme + reprise du thème et final commun à 90% des morceaux d’électro. Gaspard & Xavier écrivent ainsi un morceau entier sur le principe du canon et de la superposition des voix (Canon)

Mais pourquoi ç’aurait pu être vraiment mieux

  • Le mix. Sérieusement, les mecs ? On paye 20€ pour avoir un album quasi inécoutable ? Sur des enceintes d’ordinateur portable, je n’ai eu droit qu’à une soupe. Guère mieux sur mon iPhone. C’est seulement sur ma chaîne hi-fi que j’ai commencé à pouvoir entendre distinctement les différents instruments. Le mix est absolument nul, brouillon, rien ne se détache, tout à l’air d’être passé au phaser, trop compressé ou pas assez. Y a aucune dynamique, tout se confond. Et même la copie vinyle est pas super. Donc c’est quoi l’intérêt de faire un album audible seulement si on a pour deux briques de matos audio chez soi ?
  • Les morceaux chantés. A part Civilization, qui passe bien, le reste est clairement de la soupe. On passera pudiquement sur les paroles, mais surtout les voix n’apportent rien au mix. Là ou Discovery ( Daft Punk, 2001, EMI) fait un mélange très réussi entre voix planantes et instrumentation électro, le chant sur l’album de Justice est en dessous de tout. Ne vous attendez pas à retrouver les émotions de D.A.N.C.E  ou DVNO.
  • Les harmonies. Alors que l’arrangement est assez bien fait, les harmonies sont résolument classiques, voir déjà entendues.  On’n’on est ainsi au niveau d’un best of de Christophe Willem.
  • Donc, je l’achète ou j’économise pour offrir à ma maman le dernier Patricia Kass ?

    Audio,Video,Disco est clairement en dessous de Cross. Bien qu’il soit basé sur un concept original, on sent que les deux DJ ont eu du mal à le finir, ce qui en fait une sorte de bâtard entre électro et rock progressif. La musique électronique est normalement utilisée pour la danse, et Justice accouche ici d’un album plutôt calme, fait pour l’écoute. Ca aurait pu être un bon choix, sauf que cet EP est chiant. A part Helix, Audio Video Disco et Civilisation ou Canon, le reste est à jeter. On sent bien le dilemme qu’ont tout les groupes qui ont connu le succès lorsqu’ils font un deuxième album : rester dans le continuité du premier, ou faire quelque chose d’entièrement différent. Justice aurait mieux fait de rester dans leur style habituel, au lieu de nous imposer ses délires entre Yes et Genesis.
    Si vous êtes fan, achetez le. Y a quand même de temps en temps des passages intéressants.
    Sinon, gardez vos sous pour quelque chose de mieux. Et priez pour qu’ils arrivent à en faire quelque chose d’intéressant en live.

 Artiste : Justice

Label : Ed Banger Records

Sortie : 24 octobre 2011

Jabberwoocky


Deux (!) shooters pour la route – Okinawa Lifestyle / NASSER

Chez Drums & Drinks, l’électro, c’est un dada, un dossier qu’on aime bien ressortir de temps en temps pour dé-stresser nos nuques endolories par le travail, le ménage, les enfants, la promenade matinale du caniche… BREF, par la vie.

A l’occasion de la sortie du tout nouveau Justice, et en attendant la critique associée qui se cuisine en arrière-boutique, on est allés piocher dans le chapeau magique pour en sortir 2 artistes pas assez connus pour être officiellement excellents, mais qui remuent plus ton arrière-train que le boogie de mamie.

OKINAWA LIFESTYLE – Black Sea Shark

Entends-tu le chant d’espoir qui se cache derrière ce nom résolument hype ? On y croirait presque, à les imaginer déambuler dans les rues d’Okinawa, le beat dans le creux de l’oreille. Et bien non. David Datunashvili et Gigi Jikia, les deux cerveaux de ce duo cosmique ont plutôt tendance à se promener sur le bitume de Tbilissi, puisque c’est depuis la Géorgie qu’ils envoient leurs bonnes ondes.

Leur dernière comète lâchée en mai dernier est en écoute gratuite sur leur bandcamp.

NASSER – Come On (Buggin’ remix)

Avant, il y avait Marseille. Laide, froide, sale. Marseille, quoi.
Puis naquirent Nicolas, Simon et Romain, NSR devinrent NASSER, et de NASSER naquit la vraie Marseille. La Marseille de l’électro-punk comme seuls les frenchies savent le faire. Ceux qui ne tombent pas la chemise mais la mouillent pour mieux nous plonger dans leur bain glacé.
Le 8 novembre 2010, le trio sortait « NASSER #3« , EP un peu caché de 5 remixes réalisés par le groupe, accompagnés en bonus track du remix de leur dernier tube Come On par les deux parisiens de Buggin’. Quasi inexistant sur les internets, ce remix est pourtant de loin le meilleur à avoir été réalisé sur le morceau.


Allez, comme je suis trop bonne, je vous lâche NASSER #3 par là, et j’en profite pour vous recommander le groupe en concert.
A consommer sans modération.

Bex

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