Archives Mensuelles: mai 2012

Comment le jazz est né

Ici, à D&D, on ne fait rien comme tout le monde. C’est pour cela qu’on a commencé en vous parlant de la mort du jazz. Afin de terminer notre oeuvre, nous aborderons successivement la naissance du jazz, puis l’apparition du swing et du be-bop, et enfin les expérimentations tonales et l’oeuvre de Bill Evans.

 

Pour ne point embêter le lecteur, hypocrite ami -référence littéraire sisi -, nous nous concentrerons ici sur quelques grands noms et grandes figures qui ont marqué l’histoire de cette musique.

Le lecteur avide d’exhaustivité se tournera vers de nombreux ouvrages traitant de la question, parmi lesquels nous recommanderons L’histoire du jazz, aux Editions Larousse.

New Orleans – The Beginning

Comme chacun le sait, le Jazz est né à la Nouvelle-Orléans, ancienne colonie française de Louisiane, dans les années 1880, et plus particulièrement dans le quartier de Storyville. La Nouvelle-Orléans était en fait la seule ville des Etats-Unis où les Noirs avaient le droit de se réunir. Ceux-ci, récupérant à bas prix les instruments des fanfares militaires de la guerre de Sécession, terminée depuis peu, se mirent à en jouer, ensemble, dans des cafés et des clubs mal famés.

Le Carnaval de la Nouvelle-Orléans, créé en 1885, offre à ces musiciens avant-gardistes la possibilité de jouer dans les rues. On ne joue pas de piano, ni de contrebasse, ces instruments étant trop chers et trop peu transportables ( la ligne de basse est jouée par la clarinette basse, et la ligne mélodique par le cornet ). La majeure partie des morceaux de l’époque sont des marches, adaptées et transformées sur des harmonies & des rythmes nouveaux. Tous les instruments improvisent simultanément, sur une tonalité donnée.

Voilà un extrait d’un morceau de King Oliver, dont nous parlerons plus tard. On reconnaîtra aisément les instruments et les harmonies typiques d’une fanfare.

Parallèlement à cette musique de fanfare, certains pianistes de formation classiques développent un nouveau style musical, le ragtime. Celui -ci se caractérise par des accords dits stride à la main gauche ( c’est à dire, un temps pour la basse, et la main « saute » le temps d’après pour jouer l’accord ), et des mélodies improvisées à la main droite. On retrouve dans le ragtime le rythme binaire des marches des fanfares de la Nouvelle-Orléans.

Nous vous offrons ici un exemple classique du ragtime, Scott Joplin jouant Maple Leaf Rag.

Scott Joplin, pianiste dans un hôtel de la Nouvelle-Orléans, est considéré comme un des inventeurs du ragtime. Il a connu un immense succès avec cette chanson de 1899, dont la partition fut vendue à un million d’exemplaires. 
 

En 1890, le durcissement des lois sur la ségrégation interdit aux musiciens noirs de jouer avec les blancs. La musique nouvelle  reste donc majoritairement circonscrite à la communauté afro-américaine.

La grosse caisse et les percussions commencent à se rassembler pour devenir la batterie moderne. Le ragtime s’aère, on lui ajoute de nouvelles harmonies, son rythme devient parfois ternaire.

1917, le jazz apparaît

En 1917, un groupe de Blancs enregistre le tout premier disque de « jass ». L’Original Dixieland Jass Band, bien qu’affreusement critiqué par les auteurs actuels, eût le mérite de mieux faire connaître cette nouvelle musique, bien qu’il soit certain que son succès ne soit du essentiellement qu’à la couleur de peau des musiciens. Leurs nouveaux morceaux furent repris, rejoués, améliorés, réarrangés, et transformés de nombreuses fois.

Jelly Roll Morton, l’homme qui inventa le jazz

JRM, né en 1885, pianiste, avait fait imprimer sur ses cartes de visite « inventeur du jazz ». Il payait avec des billets de mille dollars, portait une dent en diamant, et répétait toujours avec un fusil sous son piano.  Au-delà de son égo, ce fut surtout l’un des principaux artisans de l’évolution du ragtime et de la musique de fanfare Nouvelle-Orléans vers le jazz.

La première guerre mondiale, et l’émancipation du jazz.

Après l’entrée en guerre des Etats-Unis dans le conflit , les  américains arrivés en Europe emmenèrent avec eux la nouvelle musique à la mode, et certains Européens, notamment Cocteau, tombèrent sous le charme. Aux USA, la musique continue d’évoluer.Le quartier de Storyville est fermé par décision administrative. Tous les musiciens s’exilent, vers la côte Est, et chicago. King Oliver, cornettiste exilé, crée autour de lui un band, un groupe, le Creole Jazz Band. Parmi les musiciens, un certain Louis Armstrong se fait vite remarquer.  Alors que jusqu’ici, tous les musiciens du groupe jouaient en même temps, les membres du Creole Jazz Band se mettent à jouer à tour de rôle, pour pouvoir écouter les prouesses d’Armstrong. C’est ainsi qu’est née la structure actuelle du jazz, avec ses chorus et ses thèmes. Ici, l’improvisation du groupe, que noues avions déjà évoqué dans notre article précédent, laisse la place à un brilliant solo de trompette.

On remarquera aussi l’absence de piano, de contrebasse, et la présence d’un banjo.

On se quitte là-dessus, rendez-vous la semaine prochaine pour une deuxième partie consacrée au swing et au bop.

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Bird en boucle, ou comment la Blogothèque va (encore) changer ta vie

Je me suis rendue compte avec horreur que je n’avais encore jamais mentionné Andrew Bird sur ce blog. Evidemment, tu es, cher lecteur, une personne pleine de goût, tu es donc à coup sûr familier de ce génie musical.

Non ?

Tu… que… c’est une blague ?

Cataclysme.

Ici, ne pas connaître vénérer Andrew Bird est passible de lapidation à coups de vinyles de Marie Laforêt. Nous allons donc très vite réparer cette erreur effroyable, et te faire entrer dans le palais des délices de Monsieur Bird, qui, comme sont nom l’indique, a depuis longtemps maîtrisé les mélodies envolées de nos amis emplumés.

Très rapidement, en deux-trois mots, qui est Andrew Bird ?
Hurluberlu de presque 39 ans, né dans l’Illinois, violoniste de formation, se sert de son instrument pour tout faire. Oui j’ai bien dit tout, de la batterie à la guitare en passant par la mélodie… avec son violon, le tout assaisonné d’une bonne maitrise de l’oversampling* (tout faire en même temps c’est pas évident). Son style ? Entre rock, folk, jazz … assez indéfinissable en fait. T’as qu’à écouter, diantre.

Dieu Tout puissant

Imprime ça et fais-lui des bisous.

COUP DE CHANCE, la vénérable équipe de la Blogothèque (en partenariat avec Vimeo et Le Mouv’) a dévoilé la semaine dernière LE CADEAU ULTIME, LE SUPER BON PLAN pour découvrir l’artiste / tomber amoureux / écrire son nom sur les murs avec son propre sang.

Ca s’appelle « Bird en boucle« , et je crois qu’on ne pourra pas faire meilleure démonstration du talent de cet artiste, incontournable quand on a le goût de la perfection musicale.

La spectacle a dont lieu derrière le lien suivant :

http://www.birdenboucle.com/
(/!\ Chrome recommandé)

Et n’hésitez pas à aller visiter la page de la Blogothèque à ce sujet, expliquant la démarche et l’organisation du projet.

Je cherchais une onomatopée pour traduire les sifflements, tant pis. A la prochaine.

 

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*oversampling : méthode qui consiste à enregistrer un fragment musical, puis à le faire tourner en boucle tandis qu’on enregistre un autre fragment par dessus. Très pratique quand on est tout seul avec une guitare et que le copain Jean-Claude a pas voulu faire les choeurs.
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