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KAWAII DESU NEEEE ?

Je suis la première à combattre une injustice quand j’en rencontre une. C’est mon côté Batgirl.
Aujourd’hui, je m’attaque à une injustice gigantesque comme le monde, l’injustice terriblement néfaste qui s’abat sur le peuple JAPONAIS.
Depuis la vague « japonisante » qui fait toujours fureur sur notre bon territoire français, on a collé un bon million d’étiquettes à nos copains les bridés, et une des plus ancrées reste celle de la musique.

Qu’est-ce que la musique japonaise aux yeux de 99% des français :

 

Voilà. 4 ou 5 mecs qui ont visiblement trouvé comme but dans la vie de devenir hermaphrodites, et qui font passer le Japon tout entier comme un pays de guignols où tout le monde se trimballe avec des perruques ridicules et où les mecs aiment porter des jupes en dentelle (coucou Lady Gaga). Bon, c’est peut-être souvent le cas mais NE GENERALISONS PAS. Le phénomène en est à un tel point que le look a supplanté la musique, et qu’on classe désormais certains groupes non plus sur leur musique mais sur leur look (Conseil à ne pas suivre N°1 : taper « visual kei » sur Google Images).

Bon, bref, tout ça me révolte, parce que le Japon possède aussi d’EXCELLENTS artistes (comme partout dans le monde), et il serait bien dommage de limiter l’art musical japonais à trois blaireaux avec des couettes. J’ai donc concocté une petite PLAYLIST de certains de mes artistes favoris, et ce dans des styles très différents avec pour but qu’au moins UNE chanson vous plaise.

Quelques petites indications générales avant de commencer l’écoute :
Si vous êtes totalement néophyte de la langue japonaise, il faut savoir que l’écoute est différente d’une chanson en anglais ou dans une autre langue, puisque c’est une langue qui fonctionne par syllabes. Elle est donc naturellement peu fluide et relativement saccadée.
Si vous êtes totalement néophyte de la musique japonaise, il est important de savoir qu’il y a quelques caractéristiques musicales typiques de la culture locale. L’exemple premier est celui du trémolo dans la voix. Un peu comme notre chanteur à textes chiants pour la France, le trémolo dans la voix est absolument typique du Japon et s’applique dans une grande majorité des genres musicaux. (J’ai quand même fait en sorte de ne vous trouver quasiment que des artistes qui ont laissé tomber cette bizarrerie locale).
Ces deux caractéristiques primordiales peuvent être source de gêne voire de rejet. Un conseil : la musique reste de la musique, que la langue soit saccadée et que la voix vibre ou pas. Il faut juste savoir passer au-dessus pour écouter le reste.

1-      Nujabes

Ne pas mettre Nujabes dans une playlist japonaise aurait été du blasphème. Nujabes, ou plutôt Seba Jun de son vrai nom (c du verlan ptdr), était un DJ et producteur de hip-hop et trip-hop, un génie qui aimait récupérer des samples de jazz ou de soul et les plaquer sous le flow de featuring relativement prestigieux. Il est décédé il y a 2 ans d’un accident de voiture ALORS PLEUREZ, BORDEL.

 

Il a entre autres signé la BO de quelques chansons de l’excellentissimement génial animé Samurai Champloo (je ne cesserai jamais de louer ce bijou), dont la chanson Battlecry (feat Shin02) fait l’opening.

 

2-      POLYSICS

BOOM, le cerveau à l’envers. Si vous ne connaissez pas Polysics, c’est que vous n’avez vraiment aucune connaissance ni affinité avec le Japon, c’est bien dommage d’être aussi inculte, mais on va y remédier tout de suite. On reconnaît souvent les Polysics à leur combi orange dégueulasse type Aperture Science des mauvais jours, et à leurs lunettes swaggy qui leur censure le visage. Pour décrire un peu le groupe, je m’en remets à l’ami Wiki qui décrète deux points ouvrez les guillemets :

« Le groupe décrit son style comme étant « du pogo punk technicolor ». » … « Les paroles des chansons de Polysics sont constituées en général de japonais, de mauvais anglais ou carrément juste de charabia. » Voilà.

N’ayez pas peur, ça reste très cool.

 

3-      Utada Hikaru

J’en vois déjà deux au fond qui frissonne. Pas de panique les gars. Utada Hikaru, c’est la crème du nian-nian japonais, le genre qui fait de la pop-soupe à deux yens et qui est une star nationale voir planétaire. MAIS, il y a des gens plutôt intelligents qui ont eu l’idée d’en faire des remixes.

Ici, je vous envoie vers M-flo et son remix de Final Distance, qui reste encore assez « bling-pop » mais que je trouve assez foutrement bien réussi.

(La => version originale <= vous montrera bien à quel point ça a été amélioré)

4-      Ikue Asazaki

On va tous se calmer. S’asseoir au bord de l’eau et fermer les yeux. J’ai pas l’habitude d’aimer les vieux, mais elle, c’est un sacré bout de femme. Ikue Asazaki, du haut de ses 76 ans, est héritière de la musique traditionnelle japonaise, plus spécifiquement de la musique traditionnelle d’Okinawa, notamment de îles Ryukyu. Et oui, quand on veut parler de musique, il faut bien qu’on mentionne au moins la musique traditionnelle. En tout cas quand elle en vaut le détour. Warning : c’est particulier, mais très mélodieux.

(N.B : cette chanson fait aussi partie de l’OST de Samurai Champloo, pour vous dire à quel point c’est trop super).

5-      RIP SLYME

On revient dans notre bon XXIème siècle et on en profite pour mélanger les genres : le hip-hop, c’est cool, mais c’est mieux quand on y met un peu de classe et de folie. RIP SLYME, quatre rappeurs et un DJ, s’y colle, et le résultat est Funkastique.

6-      Capsule

Il est temps de plonger dans la crème du la choupignonerie. Capsule, au départ, c’est un duo de Jpop, plus précisément de Shibuya-kei (pour faire court, de l’électro-pop), qui a évolué progressivement vers de l’électro beaucoup plus brute. Ils ont malgré tout réussi à maintenir une certaine qualité à toutes leurs compositions, dans tous les styles différents. Mais mon cœur reviendra toujours à ce côté « Courrèges » des premier albums de Capsule, et à l’envie qu’ils procurent de manger des chatons et de cracher des arc-en-ciel.

7-      Omodaka

En parlant de virage électro, on va en prendre un tout de suite : Omodaka est un projet visant à lier une musique fusionnant le 8-bit et la musique traditionnelle, et un univers graphique très soigné et diversifié.

Et un petit extrait de live (toi aussi, fais chanter la madame dans la télévision) :

8-      Coaltar Of The Deepers

Voici venu le quart d’heure dépressif. Si vous êtes trop heureux passez votre chemin, ici on broie du noir sur des trucs phasants. COTD est un groupe vraaaiment spécial, qui a produit un peu de tout, allant du metal à l’électro, mais toujours dans des sonorités assez planantes. C’est le genre de trucs à écouter le soir quand on réfléchit un peu trop au sens de la vie.

9-      Kojima Mayumi

On va finir sur une note joyeuse : du jazz ! Parce que les japonais aussi sont capables de se la jouer vintage et de faire du bon. Et la talentueuse Kojima Mayumi (déjà 11 albums à son actif !) met toute son énergie dans cet ouvrage.

Voilà, voilà, j’espère que ça vous a (un peu) plu, ou du moins a changé l’image que vous pouviez avoir du Japon et en particulier de la musique, qui est finalement tout aussi diversifiée et élaborée que la notre ou que celle de n’importe quel pays, et qui ne se limite pas injustement à 4 ou 5 groupes de drag queens.
Oh, et quelqu’un m’a dit un jour que la musique japonaise n’était pas intéressante parce qu’elle ne faisait que copier la musique américaine et européenne. Réfléchissons donc à l’intérêt que représente 90% des groupes et artistes français d’aujourd’hui vis-à-vis de ces artistes japonais. Ce n’est sans doute pas parce qu’il y a inspiration des genres que la musique en est moins bonne. Au contraire, le brassement des styles et des genres, comme le fond Omodaka par exemple, peut se révéler créatif.

Allez, sayonara le peuple.

Quelle musique pour impressionner vos amis le soir du 31 décembre ?

Aujourd’hui, c’est samedi. Mais c’est aussi et surtout la Saint Sylvestre  LA soirée ou vous allez devoir inviter tous vos amis et vos connaissances. Mais comment leur montrer que vous valez mieux qu’eux et que vos goûts en musiques sont indiscutables ? ( et accessoirement réussir à emballer sans faire croire que vous êtes guitariste ? )

Solution un : Tous les morceaux dont a parlé ici

C’est simple, vous vous faite votre petite playlist Spotify avec tous les titres qu’on a critiqué dans nos colonnes. Enfin, surtout ceux qu’on a aimé. Donc pas de Lady Gaga. Mais j’ai quand même caché une petite pépite de mauvais goût dedans. Enfin, la liste est ICI .

Mais j’en veux encore monsieur ! S’il te plait !

Si tu veux VRAIMENT que tes amis t’admirent, soient ok pour garder ton crocodile pendant que t’es en vacances à Lausanne ET te prêtent leur copine quand tu te sens seul alors ECOUTE BIEN.

Le premier conseil du chef, c’est les compil’ Hôtel Costes. Okay, c’est pas très original, mais c’est toujours de bon goût. Un peu comme les  lasagnes-frites. On conseillera surtout deux petites perles : Bluebird  de One Self , mélange de hip-hop et de lounge super chill :

Et Adios  par  Zimpala, avec une intro à la fois kitch, cinéma bis et 70’s

Et enfin, rien que pour vous les amis, un morceau épique, tellement génial que je me le suis réservé longtemps, ayant peur qu’il devienne mainstream : Roy Hargrove Quintet, Strasbourg Saint-Denis 

Ces trois morceaux sont évidemment sur notre playlist de réveillon 

Allez, passez de bonnes fêtes et soyez sages !

Compte-rendu : les découvertes de Rock en Seine

Plus d’un mois après le festival (oui, oui, je sais, mais je préférais mettre le blog à jour avant), outre les grosses têtes d’affiches, et malgré la déception du choix de programmation (qui n’égalera cependant pas la nullité de la Fête de l’Huma), cette 9ème édition a aussi apporté son lot de bonnes (re)découvertes.

Broutant le gazon vert du parc de Saint-Cloud du 26 au 28 août 2011, des centaines de milliers de franciliens et autres mélomanes se sont promenés entre les 4 différentes scènes et ont pu y apprécier nombres de bonnes choses (ou pas d’ailleurs, et je m’empresse de couronner les BB Brunes plus mauvaise performance du week-end) mais également faire connaissance avec des artistes plus méconnus et qui méritent d’être mentionnés.

Ma première découverte du weekend se porte sur Paul Kalkbrenner, dont j’ignorais tout jusqu’à 23h ce vendredi. Excellent DJ allemand qui a su transporter la foule en cette première veillée, propager ses basses vibrantes, sous un festival de couleurs sur écrans géants et moult lumières virevoltantes. La chaleur dans la fosse était insoutenable, mais qu’importe, le son était bien là. Comble de la joie, une fine averse est venue apporter le salut pour nous laisser la force de danser quelques minutes de plus. Rappel glorieux pour clore la première nuit. Au final un artiste que je conseille vivement, mais qu’il vaut nettement mieux vivre en live qu’en mp3.

 

Remontez vos shortys, jetez vos bras en l’air et faites place au duo (autrefois trio) explosif Le Corps Mince de Françoise, venu tout droit d’Helsinki pour déverser sa pop radieuse et énergique sur le sol parisien. Les deux soeurs ont démonté la Scène Pression Live à coups de micro-tubes repris en rythme par les parapluies de la foule. Seul soleil présent dans cette univers de gris, la chanteuse a su faire oublier la tristesse de ce samedi et répandre la bonne humeur chez la centaine de courageux collés à la scène sous une pluie battante. Une redécouverte qui m’a fait bien plaisir, moi qui attendais de les voir depuis des années. Un seul mot : foncez.

 

Mon avis reste extrêmement partagé sur Austra, même si je préfère en discuter quand même : sorte de synthpop aux sonorités new wave, le groupe mené par la peroxydée Katie Pelmanis a quelques bons arguments et pas mal de points douteux à mes yeux. Les mélodies extrêmement mélodiques et éthérées méritent une bonne note, malheureusement redescendue par l’aspect « déjà vu » des accompagnements, et par la voix de la chanteuse qui finit par fatiguer assez rapidement. Ceci dit, à voir en concert pour la petite expérience, les chorégraphies solo de Pelmanis valent le détour. [Et difficile de faire plus hipster, je vous préviens]

 

Une des très bonnes surprises du weekend aura été Nneka, chanteuse de hip-hop / soul nigériane installée en Allemagne, venue nous entrainer dans ses chants engagés autant qu’engageants, dans une ambiance détendue et vraiment agréable. Entouré d’un crew d’excellents musiciens, ce petit bout de femme a plongé la foule dans des alternances de reggae, hip-hop et soul servis par une voie puissante et une vraie présence sur scène. Le style était inattendu sur les pelouses du domaine de Saint-Cloud, mais a fait son petit effet, et Nneka a été une des rares artistes à m’avoir donné une réelle, grosse envie d’en écouter plus.

 

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