Archives Mensuelles: juin 2011

Lady Gaga – Born This Way

      Non, ce n’est pas une blague.
     Je me suis sérieusement reposée la question du but initial de ce blog, et j’en suis arrivée à la conclusion, après observation des articles postés jusque là, que je n’avais fait pour l’essentiel que la promotion d’artistes que j’appréciais déjà beaucoup avant de me décider à écrire sur eux. Le travail de critique n’était donc pas difficile, j’exprimais essentiellement mon sentiment positif sur l’artiste et sa musique, je choisissais la facilité, d’une certaine manière. Alors j’ai décidé, comme pour l’album de Blind Guardian autrefois, de me poser un nouveau challenge. Je vais donc tenter de faire une critique juste et constructive du tout nouvel album de la reine des extravagances, et mondialement connue demoiselle Gaga.
     J’ai fait un gros effort pour essuyer tous mes préjugés concernant sa musique ou son personnage avant d’entamer l’écoute de Born This Way et préparer une critique aussi objective que possible. Descendre un album parce qu’on n’aime pas le personnage est un procédé qui ne m’intéresse pas, repousser ses limites quand elles sont arrêtées par un jugement déjà construit et établi, là est la vraie curiosité.

     J’avais attendu Born This Way, presque à mon insu. Oui, j’avais fini par succomber à The Fame Monster, précédent album de la diva Gaga au style si particulier. Moi aussi, j’avais fini par remuer mon boule sur le dancefloor, quand l’alcool me faisait subitement me rappeler des paroles que je jurais n’avoir jamais apprises. Alors j’attendais de voir la suite, juste pour savoir si la faculté -voire le don!- de mademoiselle Germanotta  de produire des refrains qui collent aux parois du cerveaux jusqu’à rendre fou, allait sévir, une fois encore.

     Born This Way est apparue. Très mauvaise impression au premier abord, j’ai trouvé la base musicale pauvre, le parti pris d’un son plus 1990s absolument absurde, le thème répétitif. Une lassitude terrible s’est emparée de moi à l’idée que tout l’album allait se présenter sur le même format. Alors j’ai décidé de baisser un peu mes standards, après tout, je n’écoutais pas un morceau perdu de Debussy, mais bel et bien un single de Lady Gaga. Sous cet angle là, effectivement, la chanson est dynamique, le refrain accrocheur bien comme il faut, le thème est plutôt mignon : acceptons-nous les uns les autres. Quand on sait qu’à côté de ça, Vanessa chante « Un truc de ouf » (NE CLIQUEZ PAS, CE LIEN MENE A LA MORT DE LA MUSIQUE), Lady Gaga mériterait un prix Nobel de la Paix. En conclusion, j’ai fini par réellement apprécier cette chanson, le genre qu’on se surprend à fredonner sous la douche le matin et qui met de bonne humeur.

     Puis vint Judas sur sa Harley Davidson, tout de cuir vêtu. La chanson en elle-même m’évoque un sentiment particulier. J’admets que Lady Gaga a une très belle voix. Je l’affirme même. Sa voix forcée dans les tons graves dans les couplets de Judas m’a surprise, j’ai trouvé ça intéressant, bien que la composition soit très, voire trop basique. Cependant, le rythme des mélodies en background est très différente de ce qui se fait habituellement, mérite d’être noté. Le thème…… voilà le problème. Intérêt de faire une chanson où on piétine le patrimoine d’une religion ? Parce que Judas compte clairement la relation entre Marie-Madeleine et ce traître d’apôtre, et fait de cette femme une véritable putain qui aurait participé à la chute de Jésus de par cet amour caché. L’intérêt est dans le scandale, je n’ai jamais compris cette attitude là des producteurs en général. Ca gâche tout le reste. Simplement. Un dernier mot sur le refrain de la chanson dont la mélodie est d’une simplicité tellement limpide qu’il m’est resté en tête pendant presque 1 mois. A croire qu’il a été taillé pour remplir une cavité cérébrale.
     Le dernier single paru intitulé The Edge of Glory est une grosse déception. Entendu un million de fois, supporté à grande peine, il ne présente aucune nouveauté, aucun intérêt musical, à part peut-être, seul point positif, les capacité vocales de la chanteuse. Mais c’est tout. Voilà.

     Mais passons donc au reste de l’album. J’ai été surprise. Et pas agréablement. Je m’attendais à retrouver la même « diversité » des genres qui avait été le parti pris de The Fame Monster. Et bien non, la plupart des chansons sont d’une inutilité parfaite, peu harmonieuses et mélodiques, elles m’ont totalement dégoûtée. Et j’avais pourtant cru avoir quelques bonnes surprises après avoir appris à aimer Born This Way et Judas. Le cas de Government Hooker est l’exemple parfait. Rien qu’à en lire le titre, vous devriez deviner le ton de la chanson, faussement introduit par une sorte de mélodie lyrique qui laisse place à une électro de fond de tiroir. Inutile de s’attarder sur les paroles.
     Quelques autres chansons méritent d’être mentionnée dans le Top Pire, notamment Americano, qui se résume à un air mexicain (particulièrement cliché) sur lequel on aurait fait couler une bouillabaisse de sons pseudo-électros (le genre qu’on faisait au computer au début des nineties). J’imagine que Lady Gaga a dû trouver intelligent d’attirer l’auditeur latino (comme on attire un électorat, à vrai dire), en leur « rendant hommage ». J’en ai de la peine pour eux. Sincèrement. C’est inaudible. De même pour Scheiße. Pas besoin non plus de traduction pour le titre, hm. Le morceau se limite à une base électronique (qui m’a rappelé les récents et immondes Dirty Bit des BeP, à mon plus grand désespoir), et à une Lady Gaga qui nous répète tantôt les mêmes paroles en allemand (j’en ai ri, pour vous dire), tantôt des couplets/un refrain qui auraient fait fureur il y a 15 ans dans les boîtes de nuit de province (je suis sérieuse et sincère).
     Notons également le désir de Dame Gaga de se la jouer bad girl de biker, entre Bad Kids ou Heavy Metal Lover. Laisse tomber, ça ne prend pas.

Heureusement, Bloody Mary est apparue. Chanson centrale de l’album, elle est sans conteste la meilleure, je l’ai vraiment beaucoup appréciée. Intro pizzicato avec les cordes, couplets à la voix grave de Lady Gaga, refrain entêtant. Cette seule chanson a remonté un peu l’estime que je pouvais avoir de l’album. Si seulement toutes ses chansons étaient composées sur le même schéma (en gros un peu plus poussées) j’écouterai Lady Gaga plus souvent et avec beaucoup moins d’appréhension.
Yoü and I pourrait être « cool », si elle ne s’apparentait pas tant à une tentative désespérée de ressembler à une version rock (avec bonus influence Queen, toujours) de Speechless, excellente chanson extraite du précédent album.

Enfin voilà, j’ai voulu m’attaquer à Lady Gaga, je l’ai fait, et je suis très déçue. Veni, vidi, et malheureusement c’est moi qui ait été vaincue. Vaincue par tant de facilité, de mauvais goût musical. On pensait s’être débarrassés de l’électro/techno des années 1990, et bien non, on nous la remâche et la recrache sur un plateau tout neuf pour nous faire croire à de la viande fraîche. Même si quelques rares chansons sortent du lot et font facilement dodeliner de la tête, le reste est tellement médiocre que j’en ai eu de la peine d’avoir été tant arnaquée. Après avoir réellement apprécié The Fame Monster, qui cachait quelques bons essais et belles tentatives de mélodies, j’espérais mieux, plus grand, plus spectaculaire… finalement plus musical. J’en arrive donc à cette conclusion, presque à contre-coeur : Lady Gaga n’est finalement qu’une excellente interprête, et une piètre compositrice. Laissons-la à ses tenues et ses frasques, je n’y reviendrai que si j’entends l’ombre d’une amélioration. Un jour. Peut-être.

Artiste : Lady Gaga
Album : Born This Way
Genre : Pop, Dance
Label : Interscope Records
Sortie : 23 mai 2011

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