Archives Mensuelles: décembre 2010

Avey Tare – See you later, alligator.

En apercevant l’ombre verdâtre du visage crocodilesque d’Avey Tare dans la liste des dernières sorties à écouter, on s’était fait pas mal d’espoirs sur cet album, humblement nommé Down There, disponible depuis octobre dans les bacs. Les précédentes tentatives ayant été assez mal accueillies par la critique, il était peut-être temps que David Portner montre ce qu’il a dans le bide, en solo. Résultat très agréable et fondamentalement intéressant, Down There reprend les bases d’un style qui a déjà fait ses preuves au sein d’Animal Collective ; choisissant un parti plus minimaliste, avec une dose de profondeur et de maturité, il en fait du coup un ensemble largement digeste aux oreilles réticentes, effleurant du bout des doigts une forme de génie discrète mais bien installée.

Le centre d’attention de la composition musicale, dans cet album, s’établit entre les mains d’Avey Tare autour de deux éléments majeurs, qui font la charpente de Down There : La basse tout d’abord. Omni-présente et jetée sur la scène comme personnage principal de cette épopée verdâtre, elle occupe chaque recoin de cet univers si particulier dans lequel tente de nous noyer ce musicien fou de Portner. Tantôt bercé par le courant (comme dans Laughing Hieroglyphic qui ouvre l’album, ou encore le sombre Cemeteries), tantôt plongé dans les profondeur de l’océan (l’excellent Oliver Twist),  l’auditeur se voit entraîné malgré lui dans le second élément fondateur de cet univers : l’eau. Avey tare établit un vrai lien entre la basse et les bruitages en tout genres rapellant cet univers liquide, parfois presque boueux. Il nous offre même les derniers appels d’un bateau perdu avec Glass Bottom Boat. La voix devient tout autant que les instruments un objet à retourner, modifier, transformer, défigurer, pour l’intégrer au reste des molécules qui l’entourent. Dans Heads Hammock, septième piste de l’album, et dont le minimalisme est plus que jamais représenté par des thèmes musicaux courts, simples et répétitifs, une batterie et une basse évoquent des bulles épaisses éclatant à la surface, laissant la vedette à une voix quasi noyée et saturée. L’effet d’écho est généralement le plus employé dans l’opus, transformant la mélodie chantée en une sorte d’appel amusé de sirènes qui aurait migré dans des marécages. Qui sait, le chant du crocodile ?

Verdict : Si l’alligator somnole à la surface des eaux, Avey Tare rôde. Prenez garde à ne pas vous faire croquer, où il vous entraînera dans les profondeurs de son lac composé d’ondes et d’échos.

Un très grand oui pour la performance, qui mériterait un plus grand enthousiasme de la critique.

Artiste : Avey Tare   
Album : Down There   
Genre : Expérimental, électronique  
Label : Paw Tracks   
Sortie : 25 octobre 2010

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Les bonnes adresses du patron (3) – Curse Ov Dialect Free Download

Il neige des cadeaux sur la planète musique !

Entre autres, le groupe de hip-hop expérimental psychédélique multi-ethnique Curse Ov Dialect, basé à Melbourne d’où les 5 acolytes de cet aréopage répandent la bonne parole, a décidé de faire en l’honneur des Fêtes de fin d’année un petit cadeaux à ses fans. Leur second album, HEX OV INTELLECT, sorti en 1998 (et oui !), est disponible en téléchargement gratuit sur leur Bandcamp. De quoi digérer le repas de Noël, et éventuellement compléter la playlist du Réveillon.

Enjoy it right here !

Un shooter pour la route (5) – Piotr Ilitch Tchaikovsky

Parce que la musique ne se résume pas aux derniers tubes indie, un petit épisode de ma vie pour introduire ce shooter tout particulier :

Je suis allée vendredi dernier assister à l’avant-première du dernier film de Darren Aronofsky, initulé Black Swan. Le long-métrage, chronique tourbillonnante de l’élaboration d’un ballet au sein d’une troupe pour l’ouverture de la saison, suit l’évolution (et le calvaire) psychologique de Nina, danseuse propulsée sur le devant de la scène pour incarner le rôle principal dans un ballet de Tchaikovski qu’on ne présente plus, le grandiose Lac des Cygnes. D’une noirceur et d’une puissance dévastatrice, torturé et éclatant, le film m’a toute chamboulée, et j’ai fait l’intégralité du trajet du retour avec cette seule mélodie en tête.

Je vous laisse donc subir la tension extrême de ce court extrait, et apprécier le génie de Maître Tchaikovsky.

(avec japoniais en plus quelle chance)

A la bonne vôtre, comparses mélomanes.

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